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ZOOM
Le bien-être au travail, un enjeu
de société… et de compétitivité
par Milena Radoman
© Depositphotos/Rawpixel On y passe une bonne partie de notre vie. Autant être bien au travail, non ? Avis aux harceleurs :
On y passe une bonne partie de notre vie. Autant être bien au travail, non ? Avis aux harceleurs :
le management à la baguette est passé de mode. Bienvenue à la notion de bien-être en entreprise
le management à la baguette est passé de mode. Bienvenue à la notion de bien-être en entreprise
qui fait rimer épanouissement avec performance.
qui fait rimer épanouissement avec performance.
« Un état d’esprit caractérisé par une harmonie satisfaisante entre d’un privé, se montait en France à 14 310 euros par an et par salarié. Si une
côté les aptitudes, les besoins et les aspirations du travailleur et de partie est liée à des coûts incompressibles (arrêts de travail liés à des
l’autre les contraintes et les possibilités du milieu de travail. » Voici la problèmes de santé hors travail), 63 %, soit 9 010 euros, pourraient être
définition du bien-être au travail de l’Organisation mondiale de la santé économisés par les entreprises si seulement elles prenaient en compte
(OMS). Quand on évoque cette notion, plutôt récente, il s’agit aussi bien le « désengagement salarié/employeur ». Un phénomène qui se traduit
du bien-être physique lié au confort du salarié à son poste de travail par des arrêts causés par une charge de travail trop lourde, un burn-out,
et dans les locaux de l’entreprise (luminosité, tranquillité, optimisation un manque de reconnaissance et de dialogue social, un isolement ou
des équipements, chauffage, etc.) que psychologique. Ce qui se traduit encore des conditions dégradées… Ce qui implique des surcoûts liés à
par une ambiance de travail agréable (bonne entente entre collègues, l’emploi d’intérimaires, de remplaçants, ou à une perte de temps pour les
management bienveillant, valeurs d’entreprise positives, etc.). C’est autres salariés qui doivent se répartir le travail non effectué. Selon cette
ce qu’on appelle aujourd’hui généralement les critères QHSSE (Qualité étude, « une mauvaise organisation du travail induit de la souffrance et
Hygiène Santé Sécurité Environnement) destinés à limiter les risques une mauvaise santé qui finissent par avoir un coût pour l’entreprise. »
psychosociaux relevant des conditions de travail comme le stress,
l’hyperconnectivité, le burn-out (le surmenage), le bore-out (l’ennui), le La clé ? Un management bienveillant
brown-out (la perte de sens)... Comment alors créer un mieux-être au travail ? Inutile de préciser que la
cohésion d’équipe passe par un management bienveillant, des fonctions
Le mal-être au travail a un coût en adéquation avec les aspirations des salariés, ou encore une marge de
Philanthropes ou pas, les patrons qui s’intéressent à cette dimension manœuvre dans l’organisation (horaires flexibles voire télétravail) pour
ont surtout le sens des affaires. Car qui dit qualité de vie au travail dit conjuguer au mieux vie personnelle et vie professionnelle. La détection
performance. Selon une étude menée par Harvard/MIT en 2018, être des risques psychosociaux est également essentielle. Selon une étude
heureux au travail rendrait en effet 31 % plus productif, 2 fois moins du Bureau International du Travail, le stress professionnel est en aug-
malades, 6 fois moins absents, 9 fois plus loyaux, et 55 % plus créatifs. mentation constante et les dépressions de plus en plus courantes. D’où
Et les entreprises ont conscience que pour attirer les talents, réduire les l’intérêt de ne pas fixer des objectifs irréalisables et de laisser planer une
maladies professionnelles et leurs coûts, lutter contre l’absentéisme pression insoutenable.
et le turnover, le bien-être entreprise est un enjeu. Sans compter que le Pour les patrons, il s’agit également de réfléchir à l’organisation des locaux
mal-être au travail engendre un coût pour la société. Créé par le groupe (notamment à leur luminosité et à leur confort). En cas d’open-space, il est
de prévoyance Apicil et le cabinet Mozart Consulting, qui accompagne bon que les salariés puissent avoir accès à des bureaux fermés lorsqu’ils
des entreprises dans leurs politiques de RSE, l’Indice de bien-être au ont besoin de calme. Et pourquoi pas utiliser le pouvoir des plantes ?
travail (IBET) est un bon baromètre qui chiffre cette baisse de compé- D’après plusieurs études, leur présence serait un moyen d’améliorer le
titivité. En 2020, le coût global de ce mal-être au travail, pour le secteur moral, la productivité et le bien-être des collaborateurs. A moindre frais…
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