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« Les travailleurs de nuit ont des pathologies propres »
Le travail de nuit est-il nuisible pour la santé ? Selon les études scientifiques, notamment de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail), il y aurait des effets «avérés» sur le sommeil (somnolence, réduction du temps de
sommeil total…). Elles listent également un impact probable sur la santé psychique, les performances cognitives, l’obésité, le diabète et
les maladies coronariennes. D’autres conséquences sont inquiétantes : risque d’accident plus fréquent, des tensions plus fréquentes avec
les collègues ou le public, difficile organisation de la vie sociale… « Ces salariés ont des pathologies particulières. Risques cardiovascu-
laires, infarctus, AVC, surpoids, dépression… On bouleverse le rythme de vie et l’horloge biologique. Selon les études menées, les femmes
qui travaillent de nuit ont plus de cancers du sein. Si les personnes n’arrivent pas à s’adapter, à rattraper le sommeil dans la journée et à
respecter une hygiène de vie, une dégradation de leur état de santé peut se produire », explique le docteur Christine Bourguet, médecin du
Travail et médecin coordinateur à l’Office de la Médecine du Travail. C’est pourquoi « certaines entreprises, comme la Société des Bains
de Mer, concernée au premier titre, compte tenu de ses activités dans l’hôtellerie, la restauration et les jeux, sensibilisent, en partenariat
avec l’OMT, leurs salariés aux conséquences du travail de nuit afin qu’ils puissent adopter une bonne hygiène de vie particulièrement
importante en cas de réalisation d’horaires atypiques ».
9 000 travailleurs de nuit, 20% des salariés
Aujourd’hui, ce sont environ 9 000 personnes, soit 20% des salariés, qui travaillent de nuit à Monaco. A savoir entre 22 heures et 5
heures (sachant que le repos de nuit doit avoir une durée d’au moins 11 heures
consécutives). Une nouvelle législation devrait encadrer prochainement le travail
nocturne. Selon le projet de loi gouvernemental, pour qu’un salarié soit qualifié
de travailleur de nuit, ce dernier devra effectuer plus « de 37 % de son activité de
nuit » (en comparaison, le taux est de 15 % en France). Exit la notion de compte
retraite pénibilité prévue dans la proposition de loi initiale de 2017 (elle envisageait
notamment la possibilité d’un départ anticipé à la retraite pour certains travail-
leurs). Le texte propose un suivi médical renforcé, un statut pour les femmes
enceintes et les mineurs, et surtout un octroi de compensations immédiates
en temps de repos ou financières, en se basant sur un taux de 10%. En clair, un
employé travaillant de nuit, 39 heures par semaine pourrait récupérer 3,9 heures
en temps de récupération ou une compensation salariale, de 10 % également.
“Night-shift workers have particular health issues”
Is working nights bad for the health? According to scientific studies, in particular
from ANSES (National Agency for Food, Environmental and Occupational Health
Safety), working nights has proven effects on sleep, inducing drowsiness due to
a reduction in total sleep. They also list a probable impact on mental health and
cognitive performance, as well as obesity, diabetes and coronary heart disease;
and there are other, worrying consequences: a risk of more frequent accidents,
more frequent tensions with colleagues or the public and difficulty organising a
social life. “These employees have specific pathologies, such as cardiovascular
risks, heart attacks, strokes, obesity and depression, as the rhythm of life and
the biological clock are upset. According to studies, women who work nights are
more likely to develop breast cancer. If people are unable to adapt, to catch up on
sleep during the day and to respect a healthy lifestyle, a deterioration in their state
of health can occur,» explains Dr Christine Bourguet, Occupational Physician and © Depositphotos / chikennnsem@gmail.com
Coordinator at the Office of Occupational Medicine (OMT). This is why «certain
companies, such as the Société des Bains de Mer, which is very much concerned
given its activities in the hotel, catering and gaming sectors, do raise employees’
awareness, in partnership with the OMT, of the consequences of night work, so
that they can adopt a healthy lifestyle, which is particularly important when working unusual hours.»
9,000 night workers: 20% of employees
Today, around 9,000 people, or 20% of employees, work at night in Monaco, namely between 10 pm and 5 am, bearing in mind that time off to
sleep must last at least 11 consecutive hours. New legislation should soon be brought in to regulate night work. According to the government
bill, for an employee to be qualified as a night worker, he or she must perform more “than 37% of their activity at night”; in comparison, the
rate is 15% in France. Exit the notion of the Early Retirement Plan provided for in the initial bill of 2017 which envisaged this possibility for
certain workers. The text proposes reinforced medical monitoring, a status for pregnant women and minors and, above all, the granting of
immediate compensation in rest or financial time, based on a rate of 10%, so an employee working at night, doing 39 hours a week, could
recover 3.9 hours in time or a 10% salary compensation.
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